7 planètes visibles à l'œil nu, Uranus, Neptune, Pluton, Chiron, et même la Lune Noire et les Noeuds lunaires... L'astrologie semble bien assez compliquée comme ça pour y ajouter ces petits corps célestes qui se comptent par centaines de milliers ! Examinons quand il est opportun de les ajouter à nos analyses.
On entend souvent dire: "Avec tout ce qu'il y a déjà à prendre en compte dans un thème natal, cela ne fait aucun sens d'y ajouter des astéroïdes qui se comptent par milliers et qui ont à peine été étudiés", ce qui n'est pas entièrement faux !
Les astéroïdes ne s'utilisent pas en première approche d'un thème ou de l'analyse de transits. Les anciens obtenaient déjà des analyses très justes avec 7 planètes, puis de très belles analyses ont été faites en ajoutant Uranus, Neptune et Pluton. Enfin, depuis les ouvrages de Mélanie Reinhart, nous sommes nombreux à ne pouvoir envisager de nous passer de Chiron. Chaque degré d'analyse a sa sagesse, chaque évolution de l'astrologie a un sens.
Je suis persuadée que nous entrons dans une ère où les astéroïdes prendront de plus en plus d'importance, tout en restant à leur juste place : ils n'ont pas vocation à prendre autant d'importance que les autres facteurs du thème ! Mais ils peuvent répondre, avec une justesse incroyable et une précision étonnante, à des questions précises que l'on se pose.
J'ai ainsi longuement étudié Psyché (16) et écrit un livre pour rendre compte de mes recherches, mais je ne le place sur un thème natal, ou je n'en étudie les transits, que si la consultation tourne autour de difficultés amoureuses (ou en amitié). Néanmoins, les événements vécus par de nombreuses personnalités, par exemple la séparation entre Lennon et McCartney, ou les difficultés vécues par Simone de Beauvoir avec Sartre, ou celles de Robert F. Kennedy Sr avec Jackie Kennedy, sont éclairés d'une manière nouvelle et saisissante si on ajoute l'astéroïde Psyché dans leurs thèmes, puisqu'il était activé (à moins d'un degré d'orbe) au moment de leurs difficultés relationnelles.
J'étudie d'autres astéroïdes, et certains sont vraiment décisifs pour comprendre pourquoi deux thèmes ayant une dynamique similaire peuvent s'orienter vers des chemins de vie très différents (bien sûr, l'éducation et le milieu social ayant un rôle très important également). Récemment, il a été mis en avant que Brigitte Bardot avait l'astéroïde Diana conjoint au Nœud Sud. Diane, ou Artémis chez les Grecs, protégeait la vie animale sauvage, et la nature d'une manière générale.
Urania (30), déesse de l'astronomie et de l'astrologie, est en opposition exacte à Uranus dans le thème de Képler, et en carré exact à son Mars ; cet astéroïde est en carré d'un degré d'orbe à la Lune Noire chez du Châtelet et en quinconce exact à la Lune noire chez Maupertuis ; elle est en sextile exact à l'Ascendant de Newton. Une fois ces faits posés, on peut alors élargir légèrement l'orbe et ne plus s'étonner de la trouver à 3 degrés du Milieu du Ciel d'Elon Musk, passionné de conquête spatiale depuis son plus jeune âge.
Urania Urani Urania
Il est également très troublant de placer les astéroïdes liés aux crimes dans le thème des tueurs en série ou des criminels sexuels. Martha Lang Wescott s'est spécialisée dans ce genre de travail (ainsi que sur les astéroïdes liés à la santé, deux sujets très délicats), et ses résultats, que j'ai testés sur les criminels français les plus tristement célèbres, sont saisissants.
Pour travailler consciencieusement sur les astéroïdes, il faut s'autoriser des orbes très étroits : pas plus d'un degré pour dégager des premier résultats, et on n'élargit qu'ensuite, surtout si l'astéroïde est angulaire ou en aspect au Soleil et à la Lune, ou en cas de conjonction. Mais au début, il faut vraiment se restreindre à cet orbe de 1°, sinon les probabilités statistiques font qu'on trouvera toujours un aspect à un astéroïde prouvant tout ce qu'on cherche à prouver. Le zodiaque ne fait que 360 degrés, et si l'on s'autorise ne serait-ce que 5 degrés d'orbe (donc 10 degrés de part et d'autre), et en travaillant sur les conjonctions, carrés, oppositions, trigones, sextiles et quinconces, on obtient 100 degrés du zodiaque formant un aspect avec une planète donnée, soit environ une chance sur 4 de "trouver" quelque chose ! Et si l'on n'étudie ne serait-ce que 4 astéroïdes en même temps, on pourrait établir des liens qui ne sont que des coïncidences.
Mais en respectant un protocole strict, et en étudiant de nombreux thèmes, on ne peut que trouver passionnante l'étude des astéroïdes, et ne plus pouvoir se passer de leur éclairage pour des questions précises ... Je me souviens ainsi d'un thème d'une petite fille qui avait développé des troubles cognitifs sur lesquels aucun diagnostic de certitude n'avait été posé. Le thème ne pouvait, bien sûr, pas nous indiquer ces troubles, et sans cette information, les astéroïdes auraient été inutiles. Mais, ayant déjà une idée de ce que je cherchais, je regardai Cérès : elle était en carré exact à Neptune dans son thème, en Verseau. Renseignements pris, il se trouve que la mère avait repris l'alcool pendant tout le temps où elle avait allaité la petite.
En conclusion, les astéroïdes peuvent nous réserver le meilleur comme le pire : des livres ou des conférences sur des astéroïdes qui n'ont pas été étudiés mais dont on croit savoir par avance ce qu'ils vont signifier rien qu'à leurs noms. Ce qui entraîne des dérives évidentes et des explications vagues et incompréhensibles, sans application possible pour l'astrologue. Mais ils peuvent également nous apporter des éclairages uniques sur des thèmes de naissance ou sur des événements (en utilisant leurs transits, ou, mieux, leur activation par des planètes progressées), si tant est qu'on veuille bien consacrer suffisamment de temps à les étudier rigoureusement.